Arthrose cheville

Rappels anatomiques
La cheville assure la transmission du mouvement entre la jambe et le pied, permettant un déroulement correct du pas. Elle assure majoritairement des mouvements de flexion/extension.
Elle est constituée par 3 os : Le tibia, la fibula (péroné) et le talus (astragale). Sa stabilité est assurée par la congruence osseuse mais également par les ligaments et les tendons qui l’entourent.

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De quoi s’agit-il ?
L’arthrose de la cheville est une usure du cartilage qui recouvre les 3 os composant cette articulation.
Les causes principales sont représentées par les séquelles de fracture, l’instabilité d’origine ligamentaire en cas d’entorses mal soignées, les rhumatismes inflammatoires (Polyarthrite rhumatoïde, ... ). Il arrive qu’aucune cause ne soit retrouvée, on parle alors d’arthrose primitive. Elle se manifeste par des douleurs et un enraidissement progressif de l’articulation, entrainant une boiterie et une diminution du périmètre de marche. L’utilisation d’une canne est parfois nécessaire.

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Traitements
Le traitement médical a pour objectif de soulager le patient mais ne permet ni de ralentir l’évolution arthrosique ni de guérir de l’arthrose. Il s’agit d’abord de prendre des antalgiques et des anti-inflammatoires.
On peut y associer des infiltrations de dérivés cortisonés ou de la visco- supplémentation. Cette dernière consiste à injecter un gel dans l’articulation (acide hyaluronique) pour lubrifier et favoriser le glissement des surfaces osseuses entre elles. Lorsque ces traitements symptomatiques deviennent insuffisants, un geste chirurgical peut être envisagé.
Le choix doit alors se faire entre la prothèse de cheville et l’arthrodèse.

L’arthrodèse
Elle consiste à faire fusionner les surfaces osseuses (tibia et talus), sacrifiant ainsi la mobilité et par là même les phénomènes douloureux. Le blocage de l’articulation est définitif. La fixation de l’articulation est confiée à des vis, des plaques, des agrafes voire un clou transplantaire dans certaines situations. Le déroulement du pas est possible, le plus souvent sans boiterie, et repose sur la compensation des articulations sous-jacentes. A long terme, ces dernières sont surchargées et risquent à leur tour d’évoluer vers l’arthrose.
Comme complications spécifiques on retiendra le mauvais positionnement de l’arthrodèse et l’absence de fusion (pseudarthrose) qui peut conduire à une nouvelle intervention.
Une hospitalisation de quelques jours est nécessaire. La cheville est ensuite immobilisée par une botte entre 6 et 8 semaines. L’appui est interdit pour une durée identique.

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La prothèse
L’articulation abîmée est remplacée par une prothèse. Cette dernière est constituée de deux pièces métalliques, une fixée au tibia, l’autre au talus. Entre les deux, un insert en plastique très résistant (polyéthylène) permet les mouvements de la cheville. Elle permet donc de conserver la mobilité et protège de l’arthrose les articulations adjacentes.

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La mise en place d’une prothèse de cheville n’est pas toujours possible : nécrose du talus, troubles neurologiques, déformation importante de l’arrière- pied, laxité majeure.
Certains facteurs défavorables, constituant des contre-indications relatives, sont également à prendre en compte avant de décider de poser une prothèse : Age jeune, obésité, laxité ligamentaire, état cutané précaire, cheville raide.
La durée de vie des prothèses de cheville avoisine les 10 ans dans plus de 90% des cas. Il existe néanmoins un risque d’usure et de descellement (la prothèse n’est plus fixée à l’os). Un changement d’implant ou une arthrodèse sont alors nécessaires.
A l’instar de l’arthrodèse, l’hospitalisation dure quelques jours. La cheville est immobilisée pendant 3 à 4 semaines. L’appui partiel peut être autorisé. Un fois la contention retirée, la rééducation est débutée.